Travailler en Australie en PVT : comment trouver un job

Trouver un travail en Australie est souvent l’une des premières priorités des PVTistes. C’est l’occasion de financer son voyage, de découvrir le monde du travail australien et, pour certains, de réunir les conditions nécessaires à une deuxième année de visa. Bonne nouvelle, le Working Holiday Visa vous autorise à travailler dans presque tous les secteurs, et de nombreux employeurs recrutent des backpackers. Mais la concurrence est réelle : pour décrocher un job rapidement, il faut savoir où chercher, comment se présenter et quelles démarches anticiper.

Dans ce guide, je vous présente les secteurs qui recrutent, les démarches indispensables, les méthodes de recherche qui fonctionnent et les jobs que j’ai moi-même occupés pendant mon PVT.

Quels jobs trouver en PVT Australie ?

Les opportunités varient selon la saison, la région et votre profil. Comme le résume Maïtena, fondatrice de My Little France, qui accompagne les PVTistes depuis plusieurs années :

« Certains secteurs offrent davantage d’opportunités en raison d’une forte demande de main-d’œuvre. Mais l’accès à ces emplois varie en fonction du profil du PVTiste, notamment : sa mobilité, son niveau d’anglais et sa flexibilité. » – Maïtena, 2025

Hôtellerie et restauration

C’est la porte d’entrée la plus courante. Bars, cafés, restaurants, hôtels et resorts recrutent toute l’année, surtout dans les grandes villes (Sydney, Melbourne, Brisbane) et les zones touristiques. Certains postes sont accessibles aux débutants, notamment en plonge ou en housekeeping, tandis que d’autres demandent de l’expérience ou des compétences spécifiques.

Les postes les plus courants :
  • serveur ou serveuse ;
  • barman ou barmaid (une certification RSA est généralement nécessaire pour servir de l’alcool, selon les règles de chaque État) ;
  • barista (une courte formation est un vrai plus) ;
  • plongeur (kitchen hand) ;
  • réceptionniste ;
  • housekeeper, dans les hôtels, auberges et locations de vacances. C’est le job que j’ai occupé à Byron Bay

Les fermes et les emplois éligibles aux 88 jours

Beaucoup de PVTistes travaillent dans les fermes pour financer leur voyage : cueillette de fruits (fruit picking), viticulture, serres, élevage ou fermes laitières. Certains employeurs proposent le logement et les repas.

C’est aussi la voie la plus connue pour valider les 88 jours de « specified work » qui permettent de demander une deuxième année de visa. Mais deux précisions s’imposent :
  • le travail éligible ne se limite pas aux fermes : certains emplois dans la construction, le tourisme ou l’hôtellerie peuvent aussi compter, à condition d’être exercés dans des régions déterminées ;
  • tous les emplois agricoles ne comptent pas automatiquement : seuls certains secteurs, dans des zones définies par code postal, sont éligibles. Les 88 jours correspondent à trois mois de travail éligible, calculés selon les règles officielles.
Avant d’accepter un poste dans ce but, vérifiez toujours son éligibilité sur le site officiel de l’immigration australienne.
travail en ferme en australie, poules et brouette remplie de graines pour nourrir les chevaux et lamas

Construction et BTP

Le bâtiment recrute en ville comme en région, avec des rémunérations parfois attractives, qui dépendent beaucoup du métier et des qualifications.

« C’est un secteur accessible aux personnes non qualifiées pour les postes de manœuvre, avec des salaires plutôt attractifs. Il y a également une forte demande pour les travailleurs déjà qualifiés. » – Maïtena, 2025

On y trouve surtout des postes de manœuvre (labourer), de peintre en bâtiment, de plombier, d’électricien ou de charpentier. Pour travailler sur un chantier, la White Card, certification de sécurité obligatoire, est indispensable.

Retail et supermarchés

Supermarchés et boutiques recrutent surtout dans les grandes villes. Les postes au contact des clients (caisse, vente) demandent un bon niveau d’anglais. Mais les postes en réserve, en mise en rayon ou en préparation de commandes sont plus accessibles si votre anglais est encore en progression.

Garde d’enfants et au pair

De nombreuses familles australiennes recherchent des babysitters ou des au pair. Ce job permet une vraie immersion dans la vie locale. Les conditions varient en revanche beaucoup d’une famille à l’autre : le logement et les repas ne sont pas systématiquement inclus, et il est important de vérifier la rémunération et les heures prévues avant de vous engager.

Les autres jobs accessibles

  • La livraison (Uber Eats, DoorDash) : flexible, idéale pour compléter un autre job.
  • Les emplois saisonniers, liés au tourisme ou aux récoltes, notamment en haute saison.
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Et le volontariat ?

HelpX ou le WWOOFing ne sont pas des emplois rémunérés : vous êtes logé et nourri en échange de quelques heures d'aide. Ça peut dépanner pendant une recherche d'emploi, mais restez vigilant ! Un « échange » qui ressemble à un vrai travail à temps plein relève de l'emploi et doit être rémunéré. J'ai fait trois semaines de HelpX à Noosa et je vous raconte mon expérience dans un article dédié.

Vous avez maintenant une idée des emplois accessibles en PVT Australie. Mais avant d’envoyer vos candidatures, mieux vaut préparer quelques démarches indispensables pour pouvoir commencer à travailler rapidement.

Les démarches avant de commencer à travailler

Avant de commencer à travailler en Australie, quelques démarches administratives sont à prévoir. Rien de bien compliqué, mais mieux vaut les anticiper pour être prêt à décrocher votre premier emploi.

Le TFN (Tax File Number)

Le TFN est votre numéro fiscal australien. Il permet notamment à votre employeur de prélever correctement l’impôt sur votre salaire. Sans ce numéro, vous risquez de subir une retenue fiscale beaucoup plus élevée.

Bonne nouvelle : la demande de TFN est entièrement gratuite. Elle s’effectue en ligne sur le site officiel de l’administration fiscale australienne (ATO), une fois arrivé en Australie.

La Superannuation

La Superannuation, aussi appelée « Super », correspond au système de retraite australien. Votre employeur verse des cotisations sur un fonds de retraite à votre nom, en complément de votre salaire. Vous pouvez choisir votre propre fonds de Superannuation ou, selon votre situation, utiliser celui proposé par votre employeur.

Et une fois votre PVT terminé ? Vous pourrez, sous certaines conditions, récupérer une partie de votre Superannuation après votre départ d’Australie, lorsque votre visa aura expiré ou aura été annulé. Attention toutefois, ce remboursement est soumis à une taxe.

Compte bancaire et numéro australien

Pour recevoir votre salaire, le plus pratique est d’ouvrir un compte bancaire australien. Certaines banques permettent même de commencer les démarches en ligne avant le départ, puis de finaliser l’ouverture une fois sur place.

Je vous recommande également d’obtenir rapidement un numéro de téléphone australien. Les employeurs peuvent vous appeler ou vous envoyer un SMS pour organiser un entretien, vous proposer un essai ou vous communiquer vos horaires de travail.

Les certifications utiles

Certains emplois nécessitent une formation ou une certification particulière. Les deux plus courantes chez les PVTistes sont :
  • Le RSA (Responsible Service of Alcohol) : nécessaire pour travailler au service de l’alcool dans les établissements concernés. Les règles et délais d’obtention varient selon les États australiens.
  • La White Card : une formation obligatoire en sécurité pour exercer des activités de construction sur les chantiers australiens.
Ces formations peuvent parfois être suivies en ligne, selon la certification et l’État. Si vous connaissez déjà le secteur dans lequel vous souhaitez travailler, renseignez-vous avant de commencer vos candidatures !

Besoin d’un coup de main pour vos démarches ? My Little France propose le Pack Essentials, un accompagnement en français pour préparer votre demande de TFN, organiser votre rendez-vous bancaire et faciliter la mise en place de votre Superannuation.

Préparer son CV australien

Le CV australien ne se présente pas comme un CV français. C’est souvent la première chose à adapter avant de postuler. Voici les grandes différences :
  • pas de photo, pas d’âge ni de situation familiale : ces informations ne sont pas attendues, et peuvent même être mal perçues ;
  • une mise en page simple et lisible, centrée sur l’essentiel. La longueur dépend surtout du poste visé et de votre expérience ;
  • vos compétences et vos expériences concrètes : pour les emplois accessibles en PVT, les employeurs s’intéressent surtout à ce que vous savez faire.
  • Les diplômes restent importants pour certains métiers qualifiés ;
  • des références joignables : une référence australienne peut être un atout, mais vos anciens employeurs français peuvent également faire l’affaire, à condition qu’ils puissent être contactés et, idéalement, échanger en anglais ;
  • un CV adapté à chaque secteur : on ne présente pas le même profil pour un café, un chantier ou un hôtel.

Pensez aussi à imprimer quelques exemplaires de votre CV. Dans certains secteurs, notamment la restauration et l’hôtellerie, déposer directement votre candidature auprès des établissements peut être une bonne stratégie.

Où et comment chercher un job en Australie ?

Il n’existe pas une seule bonne méthode : ce qui fonctionne, c’est d’en combiner plusieurs. C’est ce que j’ai fait à Byron Bay, une petite ville réputée saturée, où j’ai décroché un poste de housekeeper deux semaines seulement après mon arrivée.

Les sites d’annonces

Seek, Indeed et Gumtree sont les incontournables en Australie. Elles sont complétés par des plateformes plus orientées backpackers comme Jora ou Backpacker Job Board. Pendant ma recherche, j’ai scruté ces sites et répondu à de nombreuses offres. C’est une méthode classique, mais efficace, notamment dans l’hôtellerie, la restauration et le commerce.

Indiquez de préférence un numéro australien sur votre CV : les recruteurs pourront vous joindre rapidement pour un entretien ou un essai. D’expérience, c’est souvent par téléphone que tout se joue.

Les groupes Facebook et le réseau local

Dans beaucoup de villes, les offres circulent par le bouche-à-oreille bien plus que par les annonces. Les groupes Facebook locaux en publient régulièrement, et une recommandation peut faire toute la différence. Parlez de votre recherche autour de vous : à l’auberge de jeunesse, en soirée, dans les cafés. Une opportunité peut se jouer sur une simple conversation.

Les candidatures spontanées : ma technique « Maps »

Ma méthode préférée, celle qui a souvent porté ses fruits : j’ouvre Google Maps, je repère tous les restaurants, hôtels et commerces de la ville, et j’envoie une candidature spontanée à chaque adresse e-mail que je trouve. Constituez votre liste quartier par quartier, et adaptez votre message au type d’établissement. Ça peut sembler basique, mais cette démarche proactive montre votre motivation, et elle fonctionne plus souvent qu’on ne le pense.

Déposer son CV en main propre

Après mes envois en ligne, je me rendais souvent directement dans les hôtels et les boutiques. Dans les petites structures, le contact humain compte énormément : se présenter en personne permet de vous démarquer des candidatures reçues par e-mail. Pour mettre toutes les chances de votre côté, passez en dehors des heures de rush, et demandez à parler au responsable.

Les agences de recrutement

Les agences de recrutement (recruitment agencies) proposent des missions, souvent courtes, dans l’hôtellerie, la logistique ou la construction. C’est une bonne option pour commencer à travailler rapidement à votre arrivée, le temps de trouver un poste plus stable.
Mon conseil : renseignez-vous sur la saisonnalité de votre destination avant d’arriver. Dans une ville touristique comme Byron Bay, la haute saison multiplie les offres d’emploi, mais aussi la concurrence entre backpackers et la difficulté à se loger. C’est pour ça que, pour s’y installer, je conseille plutôt d’arriver en dehors de la période touristique.

Mon expérience : mes jobs en Australie

Mon premier job en Australie, je l’ai décroché à Brisbane. J’étais au sein de l’équipe de My Little France, l’agence qui accompagne les PVTistes francophones à leur arrivée. Mais c’est à Byron Bay que j’ai vraiment appris à chercher du travail par moi-même.

Deux semaines pour trouver un job à Byron Bay

Quand nous sommes arrivées à Byron Bay avec mon amie Lucille, nous sortions tout juste de trois semaines de HelpX à Noosa, à la fin chaotique. Et les galères ont continué : le logement réservé s’est révélé insalubre. Nous avons passé une semaine en auberge, puis trois nuits en Airbnb, sans savoir où dormir ensuite, tout en cherchant activement un logement et un travail.
La veille de notre départ de l’Airbnb, nous avons enfin décroché une colocation. Puis, un soir à 18 h, mon téléphone a sonné : « J’ai bien reçu vos CV à toutes les deux. Pouvez-vous venir faire un essai demain ? » Deux semaines après notre arrivée, dans une ville où tout le monde nous prédisait qu’on ne trouverait rien, nous étions housekeepers dans un hôtel.

Ce que ce job m’a appris

Le rythme était soutenu, entre quatre et six jours par semaine. De mon expérience, montrer sa motivation, travailler efficacement et rester disponible pouvait vraiment faire la différence : c’est notamment ce qui nous a permis d’obtenir davantage de shifts. Lucille est d’ailleurs devenue superviseuse après quelques mois.
Ce job m’a aussi apporté bien plus qu’un salaire : une équipe multiculturelle, majoritairement latino-américaine, qui m’a fait progresser en anglais, et même en espagnol. J’y suis restée cinq mois, avant de reprendre la route en road trip.

Salaires et droits des travailleurs en PVT

En PVT, vous bénéficiez des mêmes protections au travail que les salariés australiens : salaire minimum, fiches de paie, cotisations de Superannuation. Le salaire minimum national est revalorisé chaque année au 1er juillet, et de nombreux secteurs appliquent leurs propres grilles salariales, parfois plus avantageuses.
Vous serez peut-être embauché en casual, un statut très répandu en Australie : il offre davantage de flexibilité et une majoration du taux horaire (casual loading), mais généralement pas de congés payés ni de congés maladie rémunérés.
Attention également à la limite de six mois chez un même employeur imposée par le PVT. Plusieurs exceptions existent, notamment dans le tourisme, l’hôtellerie-restauration et l’agriculture, où vous pouvez travailler plus longtemps sans autorisation supplémentaire.
Pour vérifier votre salaire et connaître vos droits, consultez le site officiel de Fair Work.

Les erreurs à éviter

  • Accepter un travail non déclaré : être payé en espèces n’est pas interdit, mais vos revenus doivent être déclarés et les obligations fiscales et sociales respectées.
  • Ne pas vérifier ses fiches de paie : contrôlez vos heures, votre taux horaire, les majorations et vos cotisations de Superannuation.
  • Compter des jours non éligibles pour les 88 jours : tous les emplois agricoles ou saisonniers ne permettent pas d’obtenir un deuxième PVT.
  • Faire confiance à une offre trop belle pour être vraie : méfiez-vous des employeurs qui exigent un paiement pour vous embaucher, promettent des salaires irréalistes ou restent flous sur vos conditions.
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