Où manger le meilleur tonkatsu à Tokyo ? Les adresses d’un Japonais
Avez-vous déjà mangé un vrai tonkatsu ? Le tonkatsu, ce n’est pas simplement un morceau de porc recouvert de farine, d’œuf et de chapelure. C’est un véritable élément de la culture japonaise, reconnu comme tel par les Japonais eux-mêmes. (Bon, je suis peut-être un peu subjectif.) Mais alors, où manger le meilleur tonkatsu à Tokyo ?
Je suis japonais, originaire de Tokyo et j’ai eu l’occasion de découvrir plusieurs restaurants spécialisés dans ce plat que j’affectionne particulièrement. Aujourd’hui, je vous partage mes deux adresses préférées : Tonkatsu Suzuki, à la gare de Tokyo, et Tonkatsu Ageike, dans le quartier d’Ikebukuro.
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Mes 2 meilleurs restaurants de tonkatsu à Tokyo
Voici donc les deux restaurants de tonkatsu que je préfère à Tokyo. En tant que Japonais originaire de la capitale, je vous partage mon classement personnel, sans aucun favoritisme !
Tonkatsu Suzuki : notre grand favori à la gare de Tokyo

C’est LE restaurant auquel nous pensons tous les deux, Manon (ma compagne française) et moi, lorsqu’on parle de tonkatsu.
Le goût, le service, l’atmosphère : absolument tout est excellent. Son seul défaut serait peut-être justement qu’il est impossible de lui trouver un défaut !
Mais s’il fallait vraiment lui reprocher quelque chose, ce serait son emplacement.
Le restaurant se trouve dans les dédales de la gare de Tokyo, un endroit que l’on pourrait presque qualifier de labyrinthe souterrain. Et franchement, trouver ce restaurant n’est pas une mince affaire. Même moi, qui suis Japonais et habitué à me déplacer dans Tokyo, j’ai parfois toutes les peines du monde à trouver mon chemin jusqu’à cette adresse. C’est presque un restaurant perdu au milieu d’un territoire inexploré !
Une cuisine ouverte et une ambiance conviviale
À l’intérieur, on trouve un grand comptoir ainsi que quelques tables. Généralement, on vous installe au comptoir.
Et c’est justement l’un des grands atouts de cet établissement : sa cuisine ouverte. Depuis votre place, vous aurez peut-être la chance d’observer, juste devant vos yeux, de magnifiques tonkatsu prendre leur belle couleur dorée pendant la cuisson. Même Manon, qui préfère généralement être sur une table de deux, en est ravie !
Comment déguster son tonkatsu comme un Japonais ?

Le menu est très simple. Il suffit de choisir le morceau de porc que vous préférez ainsi que la quantité souhaitée. Personnellement, je vous recommande évidemment le rosu, c’est-à-dire la longe de porc. Mais si vous n’aimez pas les morceaux gras, le hire, préparé avec du filet, sera aussi un très bon choix.
Et si vous souhaitez vivre l’expérience comme un véritable salaryman japonais, je vais vous donner une petite astuce. Commandez une bouteille de bière et un verre pour chaque personne à table. Puis, en attendant l’arrivée des tonkatsu, servez la bière aux personnes plus âgées ou plus haut placées que vous.
Les étrangers me demandent parfois : « Mais quelles sont les bonnes manières ? Dans quel ordre faut-il manger ? Y a-t-il des règles à respecter ? » Personnellement, je pense que le plus important est simplement de faire preuve de reconnaissance envers la nourriture que l’on reçoit et envers l’animal qui nous a permis de manger.
Si vous savez dire itadakimasu avant de commencer et gochisōsama deshita à la fin du repas, avec cette gratitude à l’esprit, alors c’est largement suffisant à mes yeux.
Du riz à la panure dorée : un tonkatsu qui frôle la perfection

Autre bon point : le riz et le chou émincé sont à volonté. Et croyez-moi, le riz mérite qu’on s’y attarde ! Le restaurant accorde énormément d’importance à sa qualité et à sa cuisson. Chaque grain de riz est délicieux. Je vous invite vraiment à prendre le temps de le savourer.
Les petits légumes marinés qui accompagnent le repas changent aussi selon les saisons. C’est donc un petit plaisir supplémentaire à découvrir à chaque visite.
Quant à la soupe miso, elle est préparée avec un bouillon de coquillages et possède un goût légèrement plus salé que la moyenne. Si vous n’aimez pas les fruits de mer, vous pouvez simplement prévenir le personnel à l’avance et demander à ne pas en avoir.
Bon, je m’égare encore une fois ! Revenons à l’essentiel : le tonkatsu. Ici, tout est parfaitement maîtrisé : l’épaisseur de la viande, sa texture sous la dent, son jus… Le restaurant utilise une viande absolument magnifique. Et cette viande est délicatement enveloppée dans une panure d’un superbe doré, comme si celle-ci venait la protéger tout en douceur.
Tonkatsu Ageike : un tonkatsu incroyablement léger à Ikebukuro

Contrairement à Suzuki, dont je viens de vous parler, Ageike possède une atmosphère un peu plus adulte, plus posée. Je trouve que l’expression « tonkatsu pour adultes » lui correspond particulièrement bien.
Une petite adresse intimiste
À l’entrée, vous devez d’abord acheter votre ticket sur une machine avant de rentrer dans le restaurant.
Un tonkatsu étonnamment léger

Ce que je tiens surtout à souligner, c’est l’incroyable légèreté du tonkatsu servi ici.
Habituellement, après avoir mangé du tonkatsu, on peut ressentir une certaine lourdeur dans l’estomac… ou on a du mal à en manger beaucoup. C’est un problème auquel nous autres Japonais (qui approchons de la trentaine ou l’avons déjà dépassée) commençons à être confrontés !
Mais chez Ageike, rien de tout cela. J’y suis allé plusieurs fois et je n’ai absolument jamais ressenti cette sensation de lourdeur ou d’inconfort après avoir mangé.
Le restaurant accorde beaucoup d’importance à la qualité de sa viande, de son riz et de ses sauces. Il semble toutefois porter une attention encore plus particulière à l’huile utilisée pour la friture.
Une cuisson rosée… et du sel
La légèreté n’est pas pour autant le seul point fort de ce restaurant. Ce qui fait aussi toute la différence, c’est la cuisson de la viande.
Le porc est servi légèrement rosé, ce qui lui donne une texture particulièrement agréable en bouche. La tendreté de la viande, sa résistance sous la dent et le contraste avec le croustillant de la panure forment un équilibre remarquable. Si vous n’aimez pas la viande légèrement rosée, vous pouvez demander au chef une cuisson plus poussée. N’hésitez pas !
Autre particularité : ici, vous pouvez également déguster votre tonkatsu avec du sel. Cette façon de manger le tonkatsu est devenue de plus en plus populaire ces dernières années, et ce restaurant vous permet justement d’en faire l’expérience.
D'où vient le tonkatsu ? Un plat japonais aux racines françaises
L’histoire du tonkatsu remonte à plus de 125 ans. On raconte que c’est en 1899, au restaurant Rengatei à Ginza, qu’est apparu l’un des ancêtres du tonkatsu moderne : le pork cutlet. (Il existe cependant plusieurs théories sur ses origines.) Pour vous donner une idée, cela se passait seulement dix ans après l’ouverture de la tour Eiffel au public !
Le tonkatsu a ensuite continué d’évoluer au fil des décennies. En 1929, le restaurant Ponchiken, à Tokyo, aurait contribué à développer une version plus proche de celle que nous connaissons aujourd’hui : une viande de porc épaisse, panée et frite dans l’huile.
L’origine du tonkatsu : de la côtelette française au porc pané
Le yōshoku : quand les plats étrangers deviennent japonais
Les origines exactes du tonkatsu font encore débat. Pour en savoir plus sur son histoire, vous pouvez consulter l'article du JETRO, celui du gouvernement japonais ainsi qu'une étude universitaire publiée en 2018.
Le tonkatsu, un petit luxe qui porte chance
C’est pourquoi nous autres Japonais avons plutôt tendance à sortir manger un tonkatsu lorsque nous avons envie de nous faire un peu plaisir, pour célébrer une occasion particulière ou même pour nous porter chance.
« Ton » (豚) désigne le porc et « katsu » vient de katsuretsu, la côtelette panée.
Même prononciation : manger un tonkatsu avant une épreuve, c'est un peu « manger la victoire ».
Les trois restaurants historiques du tonkatsu à Tokyo
Enfin, connaissez-vous les grandes institutions historiques du tonkatsu à Tokyo ?
Deux d’entre elles, Ponta Honke et Hōraiya, faisaient même partie de ce qu’on appelait les « trois grandes maisons » (gosanke, 御三家) du tonkatsu d’Ueno. Voici trois adresses du quartier qu’il me semble important de connaître quand on s’intéresse à l’histoire de ce plat.
| Restaurant | Fondé en | Spécialité | Station la plus proche |
|---|---|---|---|
| Ponta Honke ぽん多本家 | 1905 | Katsuretsu de longe dégraissée Gosanke | Ueno-Hirokoji |
| Hōraiya 蓬莱屋 | Début des années 1910 | Berceau du hirekatsu (filet) Gosanke | Ueno-Okachimachi |
| Isen Honten 井泉本店 | 1930 | Tonkatsu tendre et katsu sando Katsu sando | Ueno-Hirokoji / Yushima |
« Gosanke » : faisait partie des trois grandes maisons historiques du tonkatsu d'Ueno, avec Futaba (aujourd'hui fermé). Sources : Sarai, TV Tokyo, site officiel d'Isen Honten.
Ponta Honke (ぽん多本家) : Ueno-Hirokoji
Fondé en 1905. Cet établissement est considéré comme l’un des pionniers du katsuretsu. Sa particularité ? Retirer soigneusement la graisse de la longe de porc pour n’utiliser que la viande maigre.
Hōraiya (蓬莱屋) : Ueno-Okachimachi
Fondé au début des années 1910, ce restaurant est connu comme le berceau du hirekatsu, un tonkatsu préparé avec du filet de porc.
Isen Honten (井泉本店) : Yushima / Ueno
Fondé en 1930, ce restaurant est célèbre pour son tonkatsu si tendre qu’on peut le couper avec des baguettes. Il est également considéré comme le berceau du katsu sando, le fameux sandwich japonais au porc pané.
Petite anecdote : selon le restaurant, le katsu sando aurait été imaginé par la première patronne d'Isen. Elle aurait même fait confectionner des pains plus petits pour que les geishas puissent manger facilement entre deux représentations, sans abîmer leur rouge à lèvres ! Une histoire racontée sur le site officiel d'Isen Honten .
Le meilleur tonkatsu de Tokyo ? Mon verdict
Je pourrais encore vous parler longtemps de mon amour pour le tonkatsu. Mais au-delà de ces deux restaurants, il m’est vraiment difficile de départager les autres adresses que j’apprécie. J’ai donc décidé de m’arrêter là pour mon classement.
Si vous cherchez où manger un excellent tonkatsu à Tokyo, filez chez Tonkatsu Suzuki, dans les dédales de la gare de Tokyo, pour sa viande juteuse et sa panure dorée. Allez aussi chez Tonkatsu Ageike, à Ikebukuro, pour sa légèreté et sa cuisson si particulière.
Et si vous passez un jour près de l’une de ces adresses, je vous encourage vraiment à pousser la porte. Qui sait ? Vous y ferez peut-être, vous aussi, cette fameuse rencontre avec le tonkatsu qui pourrait changer votre vie !
FAQ : manger un tonkatsu à Tokyo
Le tonkatsu
Qu'est-ce que le tonkatsu ?
Le tonkatsu est une spécialité japonaise à base de porc enrobé de chapelure japonaise (panko), puis frit. « Ton » (豚) signifie porc, tandis que « katsu » vient de katsuretsu, dérivé du mot « côtelette ». Il est généralement servi avec du riz, du chou émincé, une soupe miso et une sauce épaisse.
Le tonkatsu est-il d'origine française ?
En partie ! Le tonkatsu trouve ses racines dans la côtelette panée occidentale, inspirée de la cuisine française. En 1899, le restaurant Rengatei, à Ginza, propose une côtelette de porc panée considérée comme l'un des ancêtres du tonkatsu moderne. Le plat évolue ensuite progressivement au Japon, notamment dans les années 1920.
Pourquoi les Japonais mangent-ils du tonkatsu avant un examen ?
Parce que « katsu » (カツ) se prononce comme le verbe japonais katsu (勝つ), qui signifie « gagner ». Manger un tonkatsu avant un examen ou une compétition est donc une façon symbolique de se porter chance. Chota raconte d'ailleurs avoir lui-même suivi cette tradition avant ses examens !
À table
Quelle est la différence entre rosu et hire ?
Le rosu est préparé avec la longe de porc, plus grasse et généralement plus juteuse. Le hire utilise le filet, un morceau plus maigre et tendre. Si vous n'aimez pas le gras, Chota vous conseille de choisir le hire.
Y a-t-il des règles pour manger un tonkatsu ?
Il n'existe pas d'ordre obligatoire pour déguster un tonkatsu. Vous pouvez essayer différentes sauces ou le manger avec du sel, selon vos préférences. Pour Chota, le plus important est de savourer son repas avec gratitude, en disant itadakimasu avant de manger et gochisōsama deshita à la fin.
Infos pratiques
Combien coûte un tonkatsu à Tokyo ?
Le prix dépend du restaurant, du morceau et de la portion. Chez Tonkatsu Suzuki, le menu rosu coûte 1 750 ¥ et le menu hire 1 850 ¥. Chez Tonkatsu Ageike, les menus commencent autour de 1 400 ¥. Prix relevés en 2026, susceptibles d'évoluer.
Faut-il réserver dans un restaurant de tonkatsu ?
Tonkatsu Suzuki et Tonkatsu Ageike n'acceptent pas les réservations : il faut se présenter directement sur place et patienter si besoin. Pensez à vérifier les horaires : Ageike ferme entre le service du déjeuner et celui du dîner.
Peut-on payer par carte ?
Chez Tonkatsu Suzuki, vous pouvez payer par carte bancaire ou avec une carte de transport comme Suica. Chez Tonkatsu Ageike, le paiement se fait en espèces à la borne de tickets située à l'entrée. Pensez donc à prévoir du liquide !
Où se trouve Tonkatsu Suzuki dans la gare de Tokyo ?
Tonkatsu Suzuki se trouve au rez-de-chaussée (1F au Japon) de Gransta Yaekita, dans l'espace Yaekita Shokudo, près du portique Yaesu Nord de la gare de Tokyo. Le restaurant est situé hors des portiques : aucun billet de train n'est nécessaire pour y accéder.
Après le tonkatsu, découvrez notre histoire, nos escapades à deux et tous les conseils pour voyager ou vivre au Japon.
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