Que faire à Atami en une journée : la station balnéaire rétro de la péninsule d’Izu
Ce matin-là de juillet, on s’est réveillés dans notre Airbnb d’Usami (Japon) au chant des cigales. Il était à peine 6h30 et la chaleur commençait déjà à s’installer. Devant nous, une journée entière nous attendait pour découvrir Atami, l’une des villes les plus connues de la côte d’Izu.
Depuis Usami, il suffit d’environ 25 minutes de train sur la ligne JR Ito pour rejoindre Atami. Un trajet court et magnifique. Le train longe la mer par moments, l’océan Pacifique apparaît entre les collines et on sent déjà l’ambiance de la journée arriver.
Atami est bien connue des Japonais. C’est depuis longtemps une station balnéaire et thermale prisée, facilement accessible depuis Tokyo en Shinkansen. On vient ici pour les onsen, la plage, les feux d’artifice sur la baie… mais aussi pour cette atmosphère un peu rétro que la ville assume totalement. Car Atami a du caractère. Entre château perché sur les hauteurs, musée insolite, vieux quartiers commerçants et bâtiments d’une autre époque, la ville ne ressemble à aucune autre.
Dans cet article, je vous emmène découvrir que faire à Atami en une journée, comment y aller depuis Tokyo ou Usami et pourquoi cette destination mérite largement sa place dans un road trip sur la côte d’Izu.
[Si vous cherchez une base plus calme pour explorer Izu, j’ai aussi rédigé un guide complet sur Usami. Cette petite station balnéaire située à seulement 25 minutes d’Atami est souvent plus abordable.]
Sommaire de l'article
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Quelle assurance voyage pour votre séjour à Atami ?
Que vous partiez en PVT Japon ou en voyage au Japon, une assurance voyage adaptée est indispensable. Voici celles que je recommande, après les avoir testées en Australie puis au Japon :
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Comment aller à Atami depuis Tokyo ou Usami
Atami fait partie des escapades les plus simples à organiser depuis Tokyo. En moins d’une heure avec le Shinkansen, ou en version plus économique avec le train local, on rejoint facilement cette station balnéaire de la côte d’Izu. Et si, comme nous, vous dormez à Usami, c’est encore plus simple : Atami n’est qu’à quelques minutes de train.
Mon conseil
Si vous venez uniquement pour la journée depuis Tokyo, le Shinkansen reste l’option la plus confortable pour profiter pleinement d’Atami. En revanche, si vous voyagez avec un budget plus serré (par exemple en PVT Japon), le train local JR Tokaido permet de réduire les frais.
De notre côté, comme nous logions à Usami, nous avons simplement pris la ligne JR Ito jusqu’à Atami. Le trajet est court, abordable, et surtout très agréable.
Une fois arrivé à la gare d’Atami
Une fois sur place, il faut encore rejoindre les hauteurs où se trouvent le château d’Atami et le Hihokan. Deux solutions principales s’offrent à vous : le bus depuis la gare ou le téléphérique via Marine Spa Atami.
Aller 乗車券
🚌
Retour ロープウェイ
🚡
Le bus depuis la gare d'Atami
C’est l’option que nous avons choisie à l’aller depuis la gare. Si vous hésitez sur la ligne à prendre, pas de stress : un comptoir d’information bus se trouve directement dans la gare d’Atami. Mon copain a demandé en japonais, mais le personnel parle aussi anglais.
Le téléphérique d’Atami
Château d’Atami : visite, histoire et vue panoramique sur la baie
Première étape de la journée : le célèbre château d’Atami. Impossible de le manquer quand on se demande que faire à Atami en une journée.
On y arrive en bus depuis la gare et la montée vers les hauteurs donne déjà un avant-goût de ce qui nous attend. La végétation devient plus dense, la mer apparaît en contrebas, et au détour d’un virage, la silhouette du château surgit.
Un château qui n’aurait jamais dû exister
Le château d’Atami (熱海城) est sans doute l’un des plus atypiques du Japon, et pour cause : il n’a aucun fondement historique.
Le château d’Atami : une histoire… qui n’existe pas
Contrairement aux grands châteaux japonais comme le château de Himeji (姫路城) ou le château d’Osaka (大阪城), Atami n’a jamais possédé de véritable forteresse.
Un château touristique construit en 1959
Ce qui se dresse aujourd’hui sur les hauteurs d’Atami n’a, en réalité, rien d’historique.
Il s’agit d’une construction en béton armé datant de 1959, imaginée de toutes pièces en pleine période de boom touristique d’après-guerre. En effet, dans les années 1950, Atami devient l’une des destinations favorites des Tokyoïtes.
Visible de loin, perché sur les hauteurs, le château devient un véritable symbole touristique. Sa structure impressionne : cinq étages visibles de l’extérieur, mais en réalité neuf niveaux au total à l’intérieur. Une architecture pensée non pas pour la défense… mais pour le spectacle.
Architecture : un faux château inspiré du style Momoyama
Ce qui est particulièrement fascinant, c’est le contraste entre l’apparence et la réalité.
De loin, le château d’Atami reprend les codes de l’architecture Momoyama (1573–1603), comme le Château d’Osaka. Toits superposés, courbes, silhouette imposante : l’illusion est parfaite.
Mais en s’approchant, le décor change. Les lignes sont plus nettes, les matériaux plus modernes… et les joints du béton apparaissent. Et c’est justement ce décalage qui rend l’endroit si particulier. Atami ne cherche pas à tromper. Elle joue avec les codes, assume son côté rétro et transforme ce « faux château » en véritable expérience.
Le château d’Atami au cinéma : une anecdote inattendue
D’ailleurs, pour la petite anecdote : le château d’Atami a été utilisé comme décor de tournage dans plusieurs films japonais. On l’aperçoit notamment dans King Kong vs. Godzilla en 1962, puis dans Gappa: The Triphibian Monster en 1967.
Que voir à l’intérieur du château d’Atami ?
L’intérieur du château se visite sur plusieurs étages, avec une ambiance qui change un peu au fil de la montée (ou de la descente). Tout est en japonais, mais à l’entrée on vous donne une brochure en anglais, ce qui aide déjà pas mal à suivre. Et honnêtement, même sans tout comprendre, l’expérience reste très visuelle.
Une "exposition" autour des samouraïs et de l’époque Edo
Exposition dans le château d’Atami | Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
Les premiers niveaux sont plutôt classiques et permettent de poser un peu le contexte historique. On y découvre des armures de samouraïs, des objets datant de l’époque Edo (1603–1868), ainsi qu’une petite exposition sur les châteaux japonais. Ce n’est pas le musée le plus complet du pays… ça c’est sûr. Mais ça fait le job.
Une expérience immersive : costumes et photos
Je n’avais pas le choix pour cette photo.. | Atami, Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
Parmi les « activités » proposées, il est possible si l’envie vous prend, d’enfiler des costumes et de se faire prendre en photo… C’est assez touristique, mais bon, ça fait partie de l’expérience aha. Et au Japon, ce genre de mise en scène est pas mal apprécié, notamment par les locaux. Si vous êtes en couple ou entre amis, ça peut être un moment sympa à partager.
Un game center inattendu dans le château
En descendant vers les niveaux inférieurs, changement total d’ambiance. On tombe sur un petit game center installé au sous-sol. Oui, un espace de jeux dans un château. Sur le papier, ça n’a pas beaucoup de sens… et pourtant, ça fonctionne. C’est typiquement le genre de détail qui rappelle que le château d’Atami n’est pas un site historique classique, mais bien une attraction pensée pour le divertissement.
L’exposition de shunga : une partie plus surprenante
La vraie surprise de la visite, c’est l’exposition de shunga (春画), des estampes érotiques japonaises datant de l’époque Edo.
Littéralement, « shunga » signifie « images du printemps », un euphémisme utilisé à l’époque pour parler de sexualité. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ces œuvres n’étaient pas marginales. Elles circulaient largement dans la société japonaise, toutes classes confondues et faisaient partie intégrante de la culture visuelle de l’époque.
Ce n’est pas une exposition provocante ou voyeuriste. Au contraire, tout est présenté de manière assez sobre. On comprend rapidement que ces images ne se limitaient pas à l’érotisme. Elles racontaient aussi des histoires, jouaient avec l’humour et reflétaient le quotidien et les relations humaines dans le Japon d’autrefois.
C’est clairement l’un des éléments les plus atypiques du château d’Atami. Mais bon, à ce stade, est-ce que ça nous choque ?
L’ashiyu au château d’Atami : un bain de pieds face à l’océan
Vue du château d’Atami | Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
Sur la terrasse extérieure du château d’Atami au Japon, on est tombé sur une petite surprise : un ashiyu (足湯), ou bain de pieds en eau chaude, installé face à la baie de Sagami.
Le principe est simple : on s’assoit au bord du bassin, on plonge les pieds dans l’eau chaude… et on profite de la vue. L’accès est gratuit, et si vous n’avez pas de serviette, un distributeur en propose pour environ 100 yens.
Les ashiyu sont très répandus dans les villes thermales japonaises. C’est une alternative simple et accessible aux bains traditionnels :
- pas besoin de se changer
- pas de règles complexes à connaître
- quelques minutes suffisent
La vue panoramique depuis le château d’Atami : le vrai moment fort
Si je dois être honnête, ce qui justifie vraiment la visite du château d’Atami… c’est la vue.
Une fois arrivée tout en haut, on accède à un observatoire ouvert qui offre une vue panoramique à 360 degrés sur toute la baie. Et là, vous comprenez immédiatement pourquoi le château a été construit ici.
D’un côté, la ville d’Atami qui descend en cascade vers la mer, avec ses immeubles un peu rétro et ses hôtels face à l’océan. De l’autre, la baie de Sagami qui s’étend à perte de vue, avec cette couleur bleu profond typique du Pacifique.
Atami | Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
Le Hihokan d’Atami : le musée pour adultes le plus insolite du Japon
Juste en contrebas du château se trouve le Hihokan (秘宝館), littéralement la « maison des trésors cachés« . Si vous cherchez quelque chose d’atypique à faire à Atami, c’est clairement votre endroit.
Le Hihokan d’Atami est aujourd’hui le dernier musée pour adultes de ce type encore en activité au Japon. Héritage direct de l’ère Showa (1926–1989), il fait partie de ces attractions un peu oubliées qui ont marqué l’âge d’or du tourisme japonais.
Fiche technique du Hihokan
Après le Hihokan : avant de redescendre
À la sortie du musée, on a pris le temps de rester un peu dehors avant de redescendre. Le téléphérique se trouve directement sur la gauche, impossible de le rater.
Juste en face, une grande plateforme panoramique s’ouvre sur la baie d’Atami. C’est superbe. Même si la vue ressemble un peu à celle du château, il y a quelque chose dans ce bleu à perte de vue qui m’apaise à chaque fois. L’océan prend toute sa place.
Atami | Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
À l’intérieur, il y a aussi un petit café avec de quoi grignoter ou boire un verre. On s’est posés quelques minutes, avant de prendre le téléphérique et redescendre vers la ville.
Le trajet à pied jusqu’au Kiunkaku
Une fois en bas, on a décidé de rejoindre le Kiunkaku à pied. Comptez environ 15 minutes depuis la station basse du téléphérique. Le chemin longe la marina, avec quelques petits restaurants de poissons et une ambiance assez locale. Rien de particulièrement spectaculaire, mais personnellement, on aime bien marcher pour découvrir une ville plutôt que de prendre les transports (d’autant plus qu’ici, ça prend à peu près le même temps).
Et puis, en chemin, il y a eu ce bâtiment. Un immeuble entièrement recouvert de végétation. Les façades mangées par les plantes, les fenêtres ouvertes sur le vide, les étages comme laissés à l’abandon. On aurait dit un décor de série post-apocalyptique, posé là, au milieu de la ville.
The last of us à Atami | Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
C’est aussi là qu’on commence à saisir une autre facette d’Atami. Derrière son image de station balnéaire animée et touristique, la ville porte encore les traces de son passé. Celui des années 80, de la bulle économique japonaise, des hôtels construits en masse… puis laissés à l’abandon.
Le Kiunkaku : la villa centenaire à ne pas manquer à Atami
Le Kiunkaku (起雲閣) est une adresse qu’on repère en préparant son itinéraire à Atami, qu’on hésite parfois à ajouter faute de temps… et qu’on finit par considérer comme un incontournable une fois la visite terminée.
Pour 510 yens (soit à peine le prix d’un café à Tokyo), on entre dans l’une des plus belles demeures historiques d’Atami, traversée par plus d’un siècle d’histoire.
[Mon retour d’expérience est ici enrichi par les données officielles du site du Kiunkaku, afin de vous proposer un contenu à la fois fiable et détaillé.]
Un lieu, trois propriétaires, quatre époques
Une villa pensée pour soigner (1919)
Tout commence en 1919. Cette année là, la grippe espagnole ravage le monde. Le magnat de la marine marchande Uchida Noboya, enrichi pendant la Première Guerre mondiale grâce au transport maritime, choisit Atami pour y faire construire une villa. Mais pas pour lui, non. Pour sa mère, dont la santé décline.
L’agrandissement par Nezu Kaichirō (1925)
En 1925, Uchida et sa mère quittent Atami pour Tokyo. La villa change alors de propriétaire. Elle est rachetée par Nezu Kaichirō, fondateur des chemins de fer Tōbu, surnommé le « roi du rail ». Collectionneur, amateur de thé et grand voyageur, il ne se contente pas d’habiter les lieux : il les transforme profondément.
Nezu agrandit le domaine, fait creuser une source thermale et redessine entièrement le jardin. Il fait également transporter d’immenses pierres d’Izu, si imposantes que son voisin, l’écrivain Tsubouchi Shōyō, note dans son journal que les camions « bloquaient toute la rue ».
Mais surtout, il fait construire plusieurs pavillons d’inspiration occidentale. C’est là que le Kiunkaku devient unique. Architecture japonaise, influences chinoises, éléments européens, inspirations centre-asiatiques… tout cohabite dans une même demeure, sans jamais sembler incohérent. Chaque pièce reflète la sensibilité de Nezu, dans le choix des matériaux, des formes et même des vitraux.
Un ryokan d’écrivains après-guerre (1947)
Après la guerre, en 1947, le Kiunkaku devient un ryokan. Et pas n’importe lequel. Très rapidement, le lieu attire les grandes figures de la littérature japonaise.
De la fermeture à la préservation (1999 à aujourd’hui)
En 1999, le ryokan ferme. La démolition est envisagée. Mais le bâtiment ne disparaît pas. Des bénévoles se mobilisent, une association citoyenne se crée pour le préserver. Finalement, la ville d’Atami rachète le site et le classe. Depuis 2000, le Kiunkaku est ouvert au public en tant que site culturel.
La visite du Kiunkaku à Atami : un parcours pièce par pièce
La salle Kirin (1919) : le bleu qui arrête
La première chose qui nous frappe en entrant dans le pavillon japonais Kirin, c’est la couleur. Un bleu cobalt profond recouvre les murs. C’est une teinte particulièrement inattendue dans une pièce japonaise traditionnelle. On entre dans un espace sobre (bois, tatamis, lignes épurées) et ce bleu vient nous en mettre plein les yeux.
Il n’est pas là par hasard. Ce bleu s’inspire des pigments utilisés à Kanazawa, une ville historiquement réputée pour son artisanat et ses couleurs. Il rappelle notamment le bleu des murs du Seisonkaku (成巽閣), un ancien pavillon de prestige.
La salle Kirin du Kiunkaku à Atami | Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
Dans le tokonoma (床の間), l’alcôve décorative, un kakemono (掛け軸) m’a attiré immédiatement l’oeil. On peut y lire les caractères 龍起雲 (Ryūkiun) qui veut dire « le dragon s’élève dans les nuages ». C’est une calligraphie datant de l’ère Taishō. En tant que grande fan de dragons (foulard + tatouage… oui, oui), j’étais obligée d’immortaliser ce moment.
Fiche explicative
La salle Taihō (1919) : une ambiance plus feutrée
La visite se poursuit au deuxième étage du pavillon, dans la salle Taihō. L’ambiance change tout de suite. Les murs sont d’un violet profond cette fois, beaucoup plus sobre que la salle précédente. Au plafond, on remarque de grandes poutres en sugi ancien (un cèdre japonais avec un grain très marqué), qui attire le regard.
La salle Taihō du Kiunkaku à Atami | Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
À ce niveau, certains détails sont aussi travaillés en bambou : dans les cloisons, les encadrements ou encore les éléments décoratifs. C’est discret, mais ça montre le niveau de précision apporté à la construction.
Les fenêtres ont conservé leurs vitres d’époque Taishō, avec ce léger flou caractéristique du verre ancien. C’est aussi dans cette pièce que Dazai Osamu aurait séjourné (voir plus haut). On imagine facilement quelqu’un écrire ici, en regardant le jardin. C’est si beau !
Le sunroom de Tamahime : la pièce la plus spectaculaire du Kiunkaku
On change complètement d’univers en entrant dans le pavillon occidental Tamahime.
Ici, plus de tatamis ni de sobriété japonaise : place à une pièce lumineuse, presque théâtrale. Le sunroom (littéralement une pièce pensée pour profiter du soleil) est sans doute l’espace le plus « photogénique » du Kiunkaku.
Ce qui attire immédiatement le regard, c’est le plafond entièrement en vitraux. Ils ont été réalisés par l’atelier Unosawa, le même qui a participé à la création des vitraux du Parlement japonais. Les motifs mêlent influences Art Nouveau (formes végétales, courbes) et Art Déco (géométrie plus structurée), deux grands courants du début du XXe siècle.
La sunroom de Tamahime Kiunkaku | Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
Au sol, on retrouve des carreaux en céramique de Kyoto (Taizan tiles), aux couleurs vives, qui renforcent encore cet effet visuel. Les murs sont recouverts de travertin, une pierre naturelle légèrement poreuse. Les joints, quant à eux, intègrent de petits fragments de coquillages qui captent et reflètent subtilement la lumière.
Et puis il y a ces grandes baies vitrées ouvertes sur le jardin. Je veux la même pièce dans ma future maison !
La salle de bain romaine : un luxe discret et inattendu
Juste à côté du pavillon Tamahime, la salle de bain romaine offre un contraste intéressant.
La salle de bain romaine du Kiunkaku | Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
Ce qu'il ne faut pas manquer
Le jardin mérite à lui seul qu’on y consacre du temps. Vous pouvez vous y balader librement. Il y a des pins centenaires taillés avec une précision impressionnante (la fameuse précision japonaise qui fait rêver mon père), des arbustes parfaitement arrondis, des murets en pierre d’Izu ou encore étangs et carpes koï… L’ensemble est si apaisant.
Sur place, vous trouverez également un café avec vue directe sur le jardin, où l’on peut déguster un matcha accompagné de wagashi de saison.
Le domaine abrite aussi une salle de concert. Lors de notre passage, deux dames jouaient du piano. On s’est arrêtés une bonne demi-heure. Dans ce cadre-là, c’était d’une douceur assez rare. Des concerts sont régulièrement organisés, souvent gratuitement : pensez à consulter la programmation avant votre visite.
Du Kiunkaku à la plage : passage par le shotengai d’Atami
Depuis le Kiunkaku, nous avons marché environ 20 minutes (sans compter notre arrêt pour déguster une petite glace au yuzu, miam) pour rejoindre la plage d’Atami. Le trajet passe par le shotengai (商店街), ces galeries commerçantes couvertes typiques des centres-villes japonais.
À Atami, il s’agit de la rue Heiwa-dori. C’est une petite artère rétro où l’on retrouve des boutiques de souvenirs, des stands de street food et quelques spécialités locales. Vous y croiserez notamment des onsen manju (petits gâteaux fourrés à la pâte de haricot rouge), des poissons séchés typiques de la région, ou encore le célèbre pudding d’Atami, devenu une vraie gourmandise locale.
Atami Sun Beach : coucher de soleil et hanabi sur la baie
La plage d’Atami Sun Beach est située à quelques minutes à pied de la gare. On s’était dit que ce serait parfait pour rentrer facilement en fin de soirée. [Et puis, en tant que sudiste, je suis obligée de passer mes soirées d’été en bord de mer…]
On s’y est installés pour boire une bière et blablater. On est restés là pendant des heures. C’était notre première vraie journée en couple avec mon copain du coup on apprenait à se découvrir (romantique). On rigolait, on regardait la baie, on observait la plage se remplir doucement.
Atami Sun Beach | Japon, 2025. © 2 0 2 6 G o l d e n t u r t l e s
Découverte des hanabi à Atami
Et puis, à la tombée de la nuit, des familles ont commencé à sortir des sacs et à s’installer en petits groupes dans le sable. Les premières lumières sont apparues : de petits feux d’artifice artisanaux, tenus à la main, allumés directement sur la plage.
Au Japon, les hanabi (花火), littéralement « fleurs de feu », font partie intégrante de l’été. Le terme désigne autant les grands feux d’artifice officiels que ces versions plus intimistes, que les familles partagent entre elles, le soir. C’est une tradition estivale profondément ancrée dans la culture japonaise, au même titre que les matsuri ou les yukata.
Les enfants couraient avec des sparklers, les adultes allumaient des fusées colorées face à la mer. Il faisait nuit, l’air était encore chaud et la baie reflétait toutes ces petites lumières. C’était exactement le genre de moment qu’on ne planifie pas… et qu’on n’oublie pas. Je me serais crue dans un anime. Ça m’a vraiment touchée. C’est clairement l’un de mes plus beaux souvenirs de mon année de PVT au Japon.
On a ensuite mangé quelque chose près de la gare, avant de reprendre le train vers Usami pour notre dernière nuit et continuer notre aventure dans la péninsule d’Izu.
Conclusion : Atami, une étape incontournable sur la péninsule d’Izu
Atami ne correspond pas forcément à l’image que l’on se fait du Japon… et c’est justement ce qui fait son intérêt. Entre patrimoine atypique, ambiance rétro et bord de mer, la ville se découvre facilement en une journée.
Si vous vous demandez que faire à Atami, cet itinéraire permet de voir l’essentiel tout en prenant le temps de profiter. Un château en béton construit pour le tourisme, un musée pour adultes hérité de l’ère Showa, une villa centenaire où Dazai Osamu a écrit, une plage où les familles allument des feux d’artifice à la main…
Dans les prochains articles, je vous emmène découvrir la suite de ce séjour sur la côte d’Izu : Ito et les falaises spectaculaires de Jogasaki Coast !
FAQ : Atami Japon
Que faire à Atami en une journée ?
Comment aller à Atami depuis Tokyo ?
Atami est-elle proche de Tokyo ?
Atami vaut-elle le détour lors de mon road trip au Japon ?
Quelle est la meilleure période pour visiter Atami ?
Atami ou Usami : laquelle choisir comme base ?
Où se baigner à Atami ?
Qu’est-ce que le Kiunkaku à Atami ?
Pour aller plus loin
Si Atami vous a donné envie d’explorer davantage la côte d’Izu ou les escapades nature autour de Tokyo, je vous invite à poursuivre votre lecture avec ces ressources complémentaires :
- Premier jour du road trip dans la péninsule d’Izu : Usami Japon : ma plage secrète de la péninsule d’Izu à 2h30 de Tokyo
- Mes voyages au Japon : que faire et voir à Tokyo et à travers le Japon.
- Mon guide complet du PVT Japon : démarches, lettre de motivation, programme de séjour et rendez-vous au consulat de Marseille pour vivre un an au Japon.
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- le PVT Japon et les démarches administratives
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